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Le tourisme spatial, même s’il symbolise un monde de plus en plus inégalitaire où des gens privilégiés se paient le luxe de traverser la stratosphère tandis que des populations souffrent de la faim et des guerres, est devenu la nouvelle tendance des ultra-riches. Vous connaissez très certainement la célèbre chanteuse pop Katy Perry, eh bien elle s’apprête ce printemps à marquer l’histoire en rejoignant la mission NS-31 de Blue Origin, une expédition entièrement féminine, dirigée par Lauren Sánchez, fiancée du patron d’Amazon et de Blue Origin, Jeff Bezos.

Accompagnée de figures comme Gayle King, Aisha Bowe, Amanda Nguyen et Kerianne Flynn, Perry veut incarner une nouvelle vague d’explorateurs, des explorateurs ultra riches qui ont évidemment payé cher leur place pour l’espace. Le départ pour voir la planète bleue de très très haut est prévu pour le printemps 2025, et marque une nouvelle étape dans le tourisme spatial et son potentiel rentable.

Onze minutes de bonheur

Concrètement, le voyage de Katy Perry et de ses coéquipières à bord du New Shepard sera une expérience intense mais brève, puisque, en tout, ce voyage durera environ 11 minutes. Le décollage aura lieu depuis le site de lancement de Blue Origin dans l’ouest du Texas et la fusée, un système entièrement automatisé, s’élèvera à une altitude d’environ 100 kilomètres, dépassant la ligne de Kármán, reconnue comme la frontière de l’espace.

Un trajet qui offrira aux passagères environ 4 minutes d’apesanteur, durant lesquelles elles pourront flotter librement dans la capsule et admirer la Terre à travers de larges hublots, comme le feraient de bons touristes et elles s’émerveilleront de la beauté de la Terre vue d’en haut.

Le déroulement est minutieusement orchestré : après une ascension rapide propulsée par le moteur de la fusée, la capsule se détache du lanceur, qui redescend pour un atterrissage contrôlé et réutilisable. La capsule, quant à elle, entame une descente en chute libre avant de déployer des parachutes pour un retour en douceur dans le désert texan. Aucun pilote n’est requis, le système étant autonome, ce qui garantit une sécurité optimale pour des novices comme Perry.

Un modèle économique intrépide

En fait, le tourisme spatial repose sur un modèle économique audacieux, porté par des entreprises privées comme Blue Origin, SpaceX et Virgin Galactic, même si ce dernier nécessite des investissements colossaux et des années d’attente avant un éventuel retour sur investissement. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle ce sont des milliardaires comme Bezos ou Musk qui s’aventurent sur ce terrain. Leur vision ? Démocratiser le vol spatial en empochant, au passage, des profits énormes. Si le prix du ticket pour l’espace avec Blue Origin reste ultraconfidentiel, les estimations le situent à des centaines de milliers de dollars, voire davantage… c’est dire que le commun des mortels, lui, est à des années lumières de pouvoir s’offrir des vacances dans l’espace. Jusqu’à présent, Blue Origin se targue d’avoir transporté 52 personnes au-delà de la ligne de Kármán (frontière théorique située à 100 kilomètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer).

D’ici 2030, c’est-à-dire dans seulement 5 ans, certaines prévisions estiment le marché à 3 milliards de dollars, à mesure que s’intensifie la concurrence et que l’innovation avance. Les entreprises de ce domaine futuriste misent notamment ce qu’on appelle « les lanceurs réutilisables», pour tenter de compresser les coûts.

Ils veulent également diversifier leur offre en allant sur plusieurs terrains, de l’expédition scientifique aux vols de célébrités, même si cette nouvelle tendance interroge d’un point de vue éthique et écologique (par exemple, un vol suborbital de six passagers à environ 100 km d’altitude émet environ 27,2 t de CO, soit 4,5 t par passager).

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