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Souhir Ben Amara se distingue comme étant l’une des actrices les plus en vue du moment. Sa carrière ne cesse de prendre de l’ampleur grâce àson talent indéniable et son charisme naturel. Elle cherche constamment à repousser ses limites, à explorer de nouveaux genres et à collaborer avec des réalisateurs visionnaires. Cette année, elle est à l’affiche de deux feuilletons ramadansesques remarquables : «Mouaouia», une épopée grandiose produite par le groupe MBC, et «Rafle», diffusé sur la chaîne nationale Watania 1.

Photo : Abdel Belhadi

Parlons tout d’abord du feuilleton «Mouaouia» où vous incarnez le personnage de Hind, présente dès les toutes premières scènes. Comment avez-vous réussi à l’interpréter d’une manière aussi innovante?

Bien évidemment, le premier repère est le scénario. J’ai étudié le personnage historique de Hind selon plusieurs sources, même si les données sont au centre d’une controverse. J’ai essayé d’apporter une touche personnelle, ma manière à moi de sentir et de transmettre les émotions de Hind : sa rage, ses déceptions, son amour pour son fils et sa famille… C’est la particularité du feuilleton de mettre en lumière le côté intime de ces personnages historiques.

Le feuilleton a soulevé des débats, avant même sa diffusion, et qui se sont accentués dès les premiers épisodes. Est-ce que ces réactions sont dérangeantes pour vous ?

Non, pas du tout dans le sens où chacun est libre d’émettre un avis subjectif et personnel. Finalement, on ne peut pas plaire à tout le monde.

On note par contre une réception très positive en dehors de la Tunisie…

Oui. J’ai reçu des retours positifs venant de critiques et de professionnels. J’ai lu des textes de spécialistes du domaine, bien structurés et nuancés avec des points positifs et négatifs pertinents sur le feuilleton. Ce sont des avis objectifs de la part de personnes sérieuses et c’est toujours à prendre en considération, une sorte de boussole qui montre à l’artiste la bonne voie à prendre.

Les chiffres dévoilés sur le budget de «Mouaouia» ont levé la barre des attentes.

Pourtant, certaines scènes ont soulevé des critiques par rapport aux décors et aux costumes. Vous avez été sur place puis vous avez vu le rendu sur écran. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Quand nous rejoignons le site du tournage, tout est déjà installé. Pour les feuilletons historiques, particulièrement, ils ont recours à des professionnels spécialisés en décors et costumes. Ce sont eux qui font le travail de recherche malgré le manque de données archéologiques exactes sur l’époque. Le travail se fait en collaboration avec le réalisateur, la direction artistique et la production. Nous, les acteurs, nous ne sommes pas censés nous impliquer dans ces détails. Finalement, à chacun ses tâches.

Après votre participation à «Mouaouia» à côté de grands noms à l’échelle arabe, est-ce que vous avez l’idée de lancer votre carrière en dehors de la Tunisie?

Le feuilleton peut ouvrir de nouveaux horizons. Je reste toujours réceptive à toute suggestion qui pourrait me sembler intéressante et me faire évoluer.

Photo : Ghazi sakouhi

Vous avez également un autre feuilleton, «Rafle», diffusé sur la chaîne nationale et qui est inspiré d’une histoire vraie. Est-ce que Leila que vous incarnez a réellement existé ?

C’est l’axe de Oussema Kochkar, alias Raad, qui est tiré d’une histoire vraie. Les autres personnages sont des éléments fictifs inventés pour enrichir la trame des événements. La femme que j’incarne est mystérieuse et ce n’est que vers la fin que l’on comprend ce qu’elle cache. La chronologie n’est pas linéaire et il y a une intrigue qui se dévoile progressivement. Il faut regarder tous les épisodes pour assembler les morceaux du puzzle.

Vous avez des tournages tout au long de l’année ou presque. Est-ce qu’il y a une particularité dans la préparation des feuilletons de Ramadan ?

Oui évidemment, vu l’attente comme les productions télévisées sont en général limitées au mois de Ramadan. C’est aussi vouloir réussir, donc une grande responsabilité et une charge émotionnelle. La télé atteint un public très large par rapport au cinéma et au théâtre.

C’est un rituel ancré au sein des foyers tunisiens. Il faut donc offrir un contenu de bon niveau, accrochant dès les premiers épisodes et être vigilant par rapport aux messages qui peuvent passer même implicitement. Les conditions des productions actuelles sont difficiles avec l’explosion des prix. Les studios de tournage, les locaux extérieurs, même le carburant.. Tout devient de plus en plus cher et ça impacte naturellement le rendement final.

Avec le nombre de feuilletons ramadanesques en hausse récemment, est-ce que vous pensez que nos productions sont concurrentielles par rapport aux autres chaînes arabes ?

Les Tunisiens attendent naturellement les productions annuelles nationales par identification.

Photo : Hamdi Van Buuren

Ce sont des œuvres qui nous touchent de près et nous avons tous grandi avec cette tradition de nous réunir devant la télé pendant la soirée. Mais nous sommes loin de la course frénétique que nous voyons ailleurs. Nos feuilletons ne sont pas exportés, en dehors de quelques pays voisins qui commencent récemment à produire leurs propres séries. Le marché est vraiment très restreint.

Est-ce que vous avez d’autres projets en vue ?

J’ai fini récemment le tournage d’un nouveau film «Jed». Le titre est un hommage au médecin militant décédé récemment, Jed Hinchiri, mais sans qu’il figure sur le scénario. Il est réalisé par Jamil Najjar et basé sur une histoire vraie.

En dehors de cette vie bien remplie de tournages et d’événements, quelles sont les activités que vous pratiquez à vos heures perdues ?

Je suis passionnée de peinture. Je fais des tableaux pendant mes phases de fortes émotions. Je me suis aussi lancée dans l’écriture cinématographique et je prépare un projet qui, j’espère, verra le jour prochainement. Je fais du sport. J’ai une grande passion pour les animaux et les plantes.

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