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De sa prestigieuse interprétation dans «Jounoun» jusqu’à son rôle attachant de «méchanceté» dans le feuilleton «Fitna» cette année, Mohamed Ali Ben Jemaâ nous marque à chacune de ses apparitions quel que soit le rôle qu’il tient. En fait, il transforme ce rôle en un véritable liant pour tout le reste de la narration. C’est une question d’énergie, on vous dit ! mais aussi de talent, un talent qui a l’originalité de tout ce qui pousse sauvagement dans la nature.

Comment es-tu venu dans le feuilleton «Fitna» ?

Je ne peux pas parler de ce projet sans évoquer ma première rencontre avec Sawsen Jomni. J’ai connu Sawsen à l’époque où elle était l’assistante de Sami Fehrii. Je précise que le métier d’assistant-réalisateur est un lourd fardeau à porter, que ce soit au cinéma ou à la télé. Dans «Foundou», elle m’a appelé  pour me proposer un petit rôle mais qui nécessite la présence d’un acteur. C’était un rôle très important. Après, j’ai enchaîné avec «Baraa» et «Falouja». Dans «Falouja», c’était un rôle où je me suis investi jusqu’à la moelle. Après le succès de la première partie, nous avons enchaîné avec la deuxième. Sawsen Jomni réalise ses feuilletons comme des films pour le cinéma. Elle intervient dans la direction des acteurs, chose qu’on ne voit pas souvent avec d’autres réalisateurs. Je peux dire qu’elle est le projet d’une réalisatrice de cinéma. Concernant «Fitna», j’ai pris le train en marche, mais j’ai mis le paquet pour être à la hauteur. C’était un travail de funambule, mais je savais  qu’avec la réalisatrice j’avais le bon filet pour me protéger de la chute. Il y avait  une  bonne énergie entre nous et je jouais tout en étant confiant du résultat final qui sortira du montage.

En tant qu’acteur comment vous vous définissez ?

Je suis instinctif, autodidacte et sauvage sur les bords. Ce qui fait que je fournis cinq fois plus d’effort que l’acteur académique, ce n’est pas pour compenser quoi que ce soit, mais pour innover.

Comment vous vous êtes « comporté » avec le rôle de Driss dans « Fintna » avec Mohamed Mrad qui est en train de grimper dans la catégorie des acteurs ?

Oui, en effet, il est en train d’évoluer. Avec Mohamed Mrad, nous avons eu une expérience de jeu ensemble dans « Falouja ». Mohamed Mrad est quelqu’un de passionné qui est toujours avide d’apprendre, il ne compte pas seulement sur son physique et j’apprécie cela en lui. Il me rappelle mes débuts en quelque sorte.

En regardant le feuilleton après à la télé comment vous l’avez  trouvé  ?

Ce que j’ai apprécié après coup, c’est que la réalisatrice a donné une belle image visuelle de la Tunisie avec ses vieilles  et belles maisons de la Médina dont les murs sont tapissés par ces fameuses céramiques;  il y a aussi les ports puniques. Un étranger, en regardant le feuilleton, aura envie de visiter la Tunisie. Sur un autre plan si ce feuilleton est doublé en turc ou dans une autre langue, n’importe quel spectateur peut suivre l’histoire et y coller.

Votre actualité est aussi le film «Aïcha» où vous assurez un rôle tout aussi « méchant ».

En effet, il s’agit d’un autre personnage très dangereux et négatif. Mais les rôles que j’accepte j’essaie de les travailler à la perfection. J’essaie de les soigner comme des tableaux d’artistes. C’est ma manière d’être passionné  par mon travail d’acteur. Je cisèle mes rôles comme des bijoux même si c’est un second rôle

Les petits rôles ne vous gênent pas ?

Pas du tout ! J’ai commencé avec Sawsen par un petit rôle. Je n’ai pas insulté  l’avenir. Ce qui compte pour moi c’est la relation de qualité avec le réalisateur. Après tout, c’est un travail qu’on fait avec amour, ce n’est pas une corvée.

Quel est votre regard sur la production ramadanesque cette année ?

D’abord, il y a un nombre croissant de productions et ceci est une bonne chose. Cela a ouvert des perspectives d’emploi pour  nos techniciens et nos acteurs. J’étais  content de voir la Télévision nationale travailler sur un feuilleton d’époque comme «Oued el bey» ou «Rafle» qui a une esthétique particulière et qui raconte une histoire vraie. «Ragouj» qui  véhicule le monde particulier du réalisateur et sa folie artistique. C’est vrai que le menu est intéressant cette année. Le public a l’embarras du choix.

Salem Trabelsi

Rédacteur en chef principal, La Presse

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