Une question revient souvent dans les concessions : existe-t-il vraiment une voiture «pour elle» et une voiture «pour lui» ? Si les stéréotypes ont la vie dure, la réalité des achats et des usages révèle des préférences plus nuancées, où les critères personnels et pragmatiques transcendent souvent le simple genre.
C’est connu, les femmes préfèrent généralement les voitures fines et élégantes et les hommes celles plus robustes et puissantes. Mais ce ne sont que des clichés. Selon plusieurs études récentes menées auprès d’un large panel d’automobilistes, des tendances de fond se dégagent, sans pour autant constituer des règles absolues.
Avis divergents hommes-femmes
Du côté des personnalités féminines, la sécurité active et passive arrive en tête des critères de sélection. Cela se traduit par une recherche affirmée des dernières aides à la conduite comme le freinage d’urgence, le maintien dans la voie, d’une visibilité optimale et d’une structure perçue comme robuste. Vient ensuite la polyvalence au quotidien comme la facilité de stationnement, habitabilité optimisée pour les courses ou la famille, et un tableau de bord ergonomique, intuitif et bien organisé.
L’esthétique est souvent appréciée dans sa globalité incluant lignes harmonieuses, qualité des matériaux intérieurs, ambiance d’habitacle, plutôt que dans des détails agressifs ou purement sportifs. Du côté des personnalités masculines, l’expérience de conduite et la technique cristallisent souvent l’intérêt premier.
La dynamique de conduite (tenue de route, rapport poids/puissance), le plaisir au volant et la sophistication mécanique sont des arguments forts. La valorisation sociale par le véhicule, à travers un design perçu comme puissant ou distinctif, reste un facteur, bien que moins assumé qu’auparavant. Enfin, le potentiel de personnalisation tel que les options de performance, jantes, échappement est un sujet fréquemment exploré.
Des clivages qui s’estompent
Le paysage actuel montre cependant un rapprochement significatif. Deux phénomènes majeurs expliquent cette évolution. L’essor des SUV et des crossovers est le 1er phénomène. Ces véhicules, plébiscités par tous, résument à eux seuls la synthèse des attentes.
Ils allient une posture rassurante et une position haute de conduite, ce qui est un critère souvent plébiscité, à un design dynamique et une proposition de versions sportives ou hybrides. Ils incarnent le compromis recherché par un large public.
La révolution technologique et écologique est le 2e phénomène. L’arrivée massive de l’électrification et de la connectivité redessine la carte des préférences. L’autonomie, la facilité de recharge, l’intégration du smartphone et l’empreinte environnementale deviennent des critères primordiaux, partagés et transversaux, qui surpassent souvent les anciens clivages.
Les vendeurs et les concessionnaires automobiles estiment que les généralités leur échappent de plus en plus.
Plusieurs responsables commerciaux confirment cette nuance à travers leurs témoignages. En effet, il y a autant de clientes très exigeantes sur les performances pures et de clients ultra-attentifs à l’espace pour les poussettes ou à la finition intérieure. Le vrai clivage est moins entre hommes et femmes qu’entre une approche ‘outil de vie’ et une approche ‘objet de passion’, et ces deux visions coexistent chez tout le monde.
La personnalité au volant
S’il reste des inclinations statistiques, la ligne directrice est celle de l’individualisation. Le choix d’un véhicule relève de plus en plus d’un cocktail personnel mêlant style de vie, sensibilités pratiques, valeurs et aspirations. Les constructeurs l’ont bien compris, proposant des gammes où chaque modèle décline plusieurs « caractères » à la fois élégant, aventureux, sportif, familial pour séduire non pas un genre, mais un état d’esprit.
La voiture unique pour tous n’existe pas. Heureusement, les routes non plus.