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Au-delà d’un simple problème esthétique, les varices des jambes sont l’expression visible de l’insuffisance veineuse chronique, à l’origine de douleurs, de jambes lourdes, de crampes nocturnes… ou de gêne à la marche, susceptibles d’altérer durablement la qualité de vie. Pendant des décennies, l’opération chirurgicale était presque la seule réponse proposée. Mais la médecine moderne offre davantage d’alternatives efficaces, ciblées et moins invasives. Face à ce nouveau paradigme, une question s’impose : faut-il encore opérer les varices, ou peut-on les traiter autrement ?

Bien plus qu’un problème esthétique

Varice et varicosité sont souvent perçues comme une gêne majoritairement visuelle, liée à l’apparition de veines dilatées et tortueuses sous la peau des jambes ou encore à des télangiectasies rougeâtres ou bleutées isolées ou disséminées sous forme de réseau en mailles de filet.

En réalité, cet aspect traduit la présence d’une maladie veineuse chronique, résultant d’un dysfonctionnement des veines et de leurs valvules. Le retour sanguin des jambes vers le cœur se fait mal. En effet, à cause des valvules défaillantes, le sang stagne et exerce une pression excessive sur les parois des veines dont certaines se dilatent, deviennent tortueuses, perceptibles et visibles.

Cette situation peut entraîner, au-delà de l’aspect esthétique, des symptômes fonctionnels tels que jambes lourdes, douleurs, crampes nocturnes ou œdèmes, et exposer à des complications thromboemboliques ou cutanées de type inflammatoire voire ulcéreux. Ainsi, la varice ne doit pas être considérée comme un simple problème esthétique, il s’agit d’un signe clinique assez sérieux, nécessitant une évaluation médicale individualisée et adaptée à cette diversité de manifestations cliniques.

L’échographie Doppler, pierre angulaire du diagnostic

Avant toute décision thérapeutique, l’échographie Doppler veineuse est l’examen clé, devenu incontournable. Cet examen non contraignant permet d’observer en temps réel la circulation sanguine dans les veines, de localiser avec précision les zones de reflux et d’identifier les veines responsables des symptômes.

À partir des résultats personnalisés de cette cartographie veineuse, le médecin peut proposer un traitement adéquat, évitant les gestes inutiles et ciblant uniquement les segments pathologiques. Cette approche marque un tournant majeur par rapport aux pratiques anciennes, où le traitement, autrefois uniquement chirurgical, reposait principalement sur l’aspect visible des varices.

La fin de l’ère du « tout chirurgical »

Pendant longtemps, la chirurgie dite classique, notamment le stripping, a constitué le traitement de référence. Il consiste à retirer la veine malade par des incisions, mais est souvent associé à une anesthésie, à des douleurs post-opératoires, à des ecchymoses et à un temps de récupération parfois long, voire des complications hémorragiques.

Si cette technique a fait ses preuves, elle est aujourd’hui beaucoup moins systématique. Effectivement, les recommandations médicales actuelles privilégient désormais des techniques moins invasives, offrant une efficacité comparable tout en réduisant le risque de complications et les contraintes post-thérapeutiques.

Toutefois, la chirurgie conserve toujours sa place, mais elle est aujourd’hui réservée à des situations particulières, lorsque les autres options moins invasives ne sont pas adaptées en se référant principalement au résultat de l’échographie Doppler. Ce changement de conduite thérapeutique marque un tournant majeur dans la manière d’aborder les varices : on ne cherche plus à enlever systématiquement la veine, mais à corriger le reflux sanguin de façon ciblée et fonctionnelle au niveau des veines défectueuses, tout en préservant les veines saines.

Rôle central du laser endoveineux

Parmi les alternatives les plus emblématiques à la chirurgie figure le laser endoveineux, aujourd’hui largement recommandé pour traiter les varices liées à un reflux des grandes veines superficielles. Cette avancée médicale, à l’ère du développement technologique, repose sur un principe simple et élégant : fermer la veine malade de l’intérieur, sans l’enlever. Sous contrôle échographique, une fine fibre laser est introduite dans la veine malade par une ponction minime. L’énergie délivrée par le laser chauffe la paroi veineuse, entraînant sa fermeture progressive. La veine ainsi traitée n’est pas retirée, mais se fibrose puis est naturellement résorbée par l’organisme. Le sang est alors redirigé vers des veines saines, améliorant la circulation globale au niveau des jambes. Le laser endoveineux présente de nombreux avantages. Il est réalisé sous anesthésie locale, en ambulatoire, avec peu de douleurs post-interventionnelles. La reprise de la marche est immédiate et le retour aux activités quotidiennes est rapide. Les cicatrices sont quasi inexistantes et les résultats à long terme sont très satisfaisants. Pour de nombreux patients, cette technique représente une alternative rassurante et efficace à l’opération et répond parfaitement à leurs attentes esthétiques.

Sclérothérapie comme autre alternative

Pour les varices les plus fines, appelées vibices ou varicosités, la sclérothérapie conserve une place essentielle. Elle consiste à injecter un produit sclérosant, liquide ou sous forme de mousse, directement dans la veine malade afin de provoquer sa fermeture. Cette substance provoque une irritation contrôlée de la paroi veineuse, entraînant sa rétraction. La veine traitée se fibrose au fil du temps puis disparaît progressivement. Le sang est alors naturellement redirigé vers des veines saines. La sclérothérapie est une technique efficace et peu invasive, particulièrement adaptée aux varicosités superficielles. Elle peut compléter un traitement endoveineux par laser ou par radiofréquence pour traiter les varicosités ou les veines résiduelles.

Laser transcutané ou sclérothérapie ?

Le laser transcutané traverse la peau sans l’endommager. L’énergie lumineuse émise est absorbée de façon préférentielle par l’hémoglobine contenue dans les petits vaisseaux dilatés, ce qui provoque une photothermolyse sélective : échauffement contrôlé de la paroi veineuse, entraînant la fermeture progressive du vaisseau ciblé. La sclérothérapie est particulièrement efficace pour les varicosités bleutées et légèrement plus larges tandis que le laser transcutané est plus adapté aux varicosités rouges, très fines ou difficiles à ponctionner. Le laser transcutané, sélectionné et paramétré avec soin (KTP, laser colorant pulsé ou Nd:YAG) en fonction de la couleur, du calibre et de la profondeur de la varicosité, constitue une option de choix chez les patients réticents aux injections ou lorsque la sclérothérapie ne peut être envisagée. En pratique, ces deux techniques sont complémentaires plutôt qu’opposées, permettant d’optimiser les résultats fonctionnels et esthétiques.

Quand la chirurgie reste nécessaire

Malgré l’essor des traitements mini-invasifs, certaines situations nécessitent encore une approche chirurgicale. Des varices très volumineuses, extrêmement tortueuses ou associées à des complications cutanées sévères peuvent parfois justifier une intervention plus classique. Dans certaines situations, des gestes ciblés et sélectifs peuvent être proposés pour retirer uniquement des segments veineux très superficiels. La chirurgie conserve néanmoins un rôle ciblé, réservé aux situations où les alternatives modernes, telles que le laser et la radiofréquence, ne sont pas accessibles ou lorsque l’anatomie veineuse rend tout traitement endoveineux inefficace. Toutefois, ces cas sont aujourd’hui minoritaires, et la prise en charge actuelle s’oriente résolument vers une réduction des gestes chirurgicaux lourds au profit de techniques moins invasives, mieux tolérées et désormais privilégiées en première intention par les patients.

Alors, opérer ou traiter autrement ?

La médecine moderne apporte une réponse claire et nuancée. Dans la grande majorité des situations, les lasers endoveineux et transcutanés, tout comme la radiofréquence et la sclérothérapie, se sont imposés comme les traitements de première intention, reléguant la chirurgie classique à des indications particulières et ciblées, souvent exceptionnelles.

Plus sûres, plus rapides et mieux tolérées, ces techniques mini-invasives répondent aux exigences actuelles d’efficacité, de qualité de vie et de beauté.

Imen MEHRI TURKI

Expert en Stomatologie, Chirurgie Maxillofaciale et Esthétique

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