Notre destination cette semaine nous emmène à la Médina de Sousse, joyau posé sur la côte-est tunisienne, à une centaine de kilomètres au sud de Tunis. Destination touristique incontournable, Sousse attire chaque année des visiteurs venus du monde entier pour découvrir son patrimoine, ses plages, ses souks animés et ses monuments historiques. Facile d’accès, on peut y arriver en train, en louage ou par l’autoroute A1, tandis que l’aéroport international de Monastir permet aux voyageurs venus de plus loin de rejoindre la ville en quelques minutes. Dès l’approche, le spectacle est là : Sousse ne se raconte pas, elle se vit.
En franchissant l’une des portes de la médina, on entre dans un autre temps. D’un côté, la ville moderne, bruyante et pressée. De l’autre, un dédale de ruelles où chaque pierre semble avoir une histoire à raconter. Les remparts, imposants, donnent le ton. Édifiés au IXe siècle, autour de l’on 859, sous les Aghlabides, ils ceinturent la Médina avec une rigueur presque militaire. Murs épais, tours de guet, chemins de ronde : tout rappelle que Sousse fut une place forte, tournée vers la mer et longtemps exposée aux attaques.
À l’intérieur, la vie bat son plein. Les ruelles, étroites et sinueuses, captent la lumière par fragments, qui glisse sur les façades blanchies et les portes colorées. Les souks s’animent dès le matin. Les étals débordent de couleurs et de senteurs : épices, tissus, babouches et objets d’artisanat. Les commerçants interpellent les passants, tandis que touristes et visiteurs se mêlent aux allées, fascinés par ce mélange de patrimoine et de vie quotidienne.
Le patrimoine historique surgit à chaque détour. La Grande Mosquée de Sousse, construite en 851 par le prince aghlabide Abû al Abbâs Muhammad, impressionne par sa sobriété. Pas de minaret élancé, mais des lignes simples, solides, qui rappellent que la ville devait protéger autant la foi que ses habitants. Non loin, le Ribat de Sousse, fondé au début du VIIIe siècle et reconstruit en 821 sous Ziyadat Allah, témoigne de cette double fonction : lieu de recueillement et bastion défensif. Sa tour offre encore aujourd’hui une vue saisissante sur les toits de la médina et la mer toute proche.
La montée vers La Kasbah change l’ambiance. Les ruelles se font plus calmes, le tumulte des souks s’atténue. Là-haut, la citadelle domine l’ensemble de la ville. Construite au IXe siècle, elle abrite la tour Khalef, autrefois poste de surveillance et repère pour les navigateurs. Depuis ce point culminant, le regard embrasse les remparts, les maisons serrées les unes contre les autres et, au loin, l’horizon marin. On comprend alors l’importance stratégique de Sousse dans l’histoire du littoral tunisien.
D’autres trésors jalonnent la promenade. Située à l’extrémité sud de la Médina, la mosquée Bou Ftata, avec son inscription coufique, rappelle les débuts de l’architecture islamique dans la région. Elle est l’une des plus anciennes de Sousse construite entre 838 et 841. Bien que modeste par ses dimensions avec une salle de prière carrée et un porche à trois arches, elle se distingue par la simplicité de son architecture. Elle a servi de modèle pour d’autres mosquées de Sousse, notamment la grande mosquée et celle de La Kasbah ainsi que pour des édifices plus tardifs comme la mosquée Zitouna. Dans l’enceinte de La Kasbah, le musée archéologique conserve de splendides mosaïques romaines, témoignage d’un passé qui précède même la fondation de la médina.
Se balader dans la Médina de Sousse, c’est aussi profiter de ses cafés animés, où touristes et passants s’arrêtent pour observer la vie des ruelles. Entre discussions, rires et le parfum du café turc ou du thé à la menthe, chaque établissement devient un petit théâtre vivant, au cœur du patrimoine historique. Les cafés offrent une pause bienvenue après la découverte des monuments et des souks, tout en permettant de ressentir l’authenticité et le rythme particulier de cette destination touristique incontournable.
En fin de journée, la lumière décline sur les remparts. Les ombres s’allongent, les ruelles se vident peu à peu. On sort par l’une des portes, presque à regret, avec la certitude d’avoir traversé un lieu où l’histoire et le tourisme se rencontrent, offrant aux visiteurs un voyage à la fois culturel et sensoriel.


