L’année 2026 s’annonce décisive pour le secteur automobile en Tunisie, à la croisée des mutations technologiques mondiales et des réalités économiques locales. Entre électrification progressive, montée en gamme technologique et contraintes liées au pouvoir d’achat, le marché tunisien évolue à son rythme, tout en s’alignant sur les grandes tendances internationales.
Dans un contexte marqué par la hausse des coûts d’importation, la dépréciation du dinar et les restrictions sur l’octroi de devises, le marché automobile tunisien reste sous pression. Pourtant, les concessionnaires continuent d’introduire de nouveaux modèles, principalement des citadines, des berlines compactes et des SUV, segments les plus prisés par les automobilistes tunisiens. La demande se concentre sur des véhicules à consommation maîtrisée, fiables et adaptés aux conditions de circulation locales, notamment dans les grandes agglomérations comme Tunis, Sfax ou Sousse. Les motorisations thermiques dominent encore largement, mais l’intérêt pour les solutions alternatives progresse lentement.
L’électrification avance à petits pas
Si la voiture 100 % électrique reste encore marginale en Tunisie, 2026 marque une étape supplémentaire vers sa démocratisation. Les modèles hybrides, plus accessibles et mieux adaptés au réseau routier et aux habitudes de conduite locales, suscitent un intérêt croissant. Ils apparaissent comme une solution intermédiaire face à la flambée des prix des carburants.
Le principal frein demeure l’infrastructure. Le réseau de bornes de recharge reste limité et concentré dans certaines zones urbaines et touristiques. Toutefois, des initiatives publiques et privées commencent à émerger, laissant entrevoir un développement progressif de la mobilité électrique à moyen terme.
Technologie embarquée, un critère déterminant
Les automobilistes tunisiens accordent désormais une attention accrue aux équipements technologiques. Écrans multimédias, connectivité smartphone, aides à la conduite et systèmes de sécurité deviennent des arguments décisifs à l’achat, même sur les modèles d’entrée et de milieu de gamme. Les véhicules commercialisés en 2026 intègrent davantage de fonctionnalités numériques, répondant à une clientèle plus jeune, connectée et exigeante. La conduite semi-assistée reste encore limitée, mais les dispositifs de sécurité active gagnent du terrain.
Vers de nouveaux usages de la voiture
Face aux difficultés d’acquisition, de nouveaux comportements émergent. Le marché de l’occasion connaît une forte dynamique, tandis que les solutions de location longue durée et de leasing commencent à attirer l’attention des entreprises et des particuliers. Dans les grandes villes, le covoiturage et les services de transport à la demande s’imposent comme des alternatives crédibles à la voiture individuelle.
En 2026, l’automobile en Tunisie ne vit pas une révolution brutale, mais une transition progressive. Les choix des autorités publiques en matière de fiscalité, d’infrastructures et d’incitations seront déterminants pour accompagner cette évolution. Entre contraintes économiques et aspirations à une mobilité plus moderne et durable, le secteur automobile tunisien avance avec prudence, mais sans immobilisme.