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Après des années d’absence du petit écran, Lamia Amri a signé un retour triomphal avec le personnage de Khadija dans le feuilleton « Khottifa ». Un rôle émouvant pour lequel son interprétation a été largement saluée. Elle nous en dira plus dans cet entretien.

Votre retour à la télévision était-il déjà prévu ou est-ce la proposition de ce scénario qui vous a donné envie de revenir ?

Je n’ai pas envisagé de prendre une pause ni de mettre ma carrière en veilleuse. J’attendais juste un projet qui soit convaincant pour moi et qui marquerait le public. J’ai joué auparavant des rôles qui étaient tellement appréciés que les gens m’appelaient dans la rue par le nom du personnage. C’est cet effet que je cherche à chaque fois que je reçois une proposition. Quand j’ai lu le scénario de « Khottifa », j’ai été vraiment touchée par l’histoire et par le personnage de « Khadija » et je me suis tout de suite imaginée dans la peau de cette femme battante.

Un large taux d’audience était prévu d’emblée pour ce feuilleton. Et, qui dit plus d’audience dit aussi plus de critiques. D’ailleurs, les critiques ont commencé avant même la diffusion. Comment avez-vous vécu ces réactions ?

Quand on me contacte pour un projet, je demande constamment de lire le scénario dans son intégralité. Je ne me limite pas au rôle que l’on me confie. Je dois avoir une vision d’ensemble pour pouvoir me situer, évaluer la qualité du projet et vérifier qu’il me convient. C’est ce que je fais même pour les offres de collaboration dans des œuvres étrangères. J’ai trouvé le scénario de « Khottifa » très bien écrit. Sondos Abderrahman et Saoussen Jemni sont vraiment douées. L’intrigue est bien ficelée. Ce n’est pas un feuilleton superficiel avec des scènes de violence superflues  De plus, j’ai confiance en Saoussen Jemni quant à son talent de réalisatrice. Je savais donc que ce serait un succès.

Les scènes à forte intensité tragique ont commencé dès les premières minutes de « Khottifa ». Cette entrée en matière ne pourrait-elle pas brusquer les téléspectateurs ?

Je pense que les premiers événements ne peuvent être présentés que de cette manière directe. Ce n’est pas une série comique. Le public sait donc à quoi s’attendre. De plus, tout le scénario est construit autour de ces incidents bouleversants, c’est le point de départ de tout ce qui va suivre.

Vous avez reçu de nombreux éloges pour votre interprétation émouvante du rôle de Khadija qui a enduré de lourdes épreuves. Aviez-vous une description très précise du personnage dans le scénario ou plutôt une marge pour l’interpréter à votre manière ?

Les détails ne figurent pas dans le texte. Je me suis mise dans la peau de cette femme qui a subi une double perte en quelques heures, son fils et son mari. Elle était brisée et souffrante tout au long des épisodes. J’ai imaginé son état d’âme, ses réactions, son regard et je me suis sentie en jouant le rôle pleinement habitée par ce personnage. Grâce à la réalisatrice et à sa direction d’acteurs, les scènes étaient rendues encore plus réalistes et plus crédibles.

Khadija vit dans un milieu rural et parle avec un dialecte particulier. Comment avez-vous maîtrisé cette manière de s’exprimer ?

Elle vient du Nord-Ouest mais la région n’est pas précisée dans le feuilleton. Pareil pour son accent. Il n’est propre à aucune région. Nous avons unifié plusieurs dialectes pour un rendu plus léger. Je me suis entraînée avant le tournage à parler comme Khadija le ferait et j’ai même consulté des proches pour quelques rectifications. Il est important pour moi que mon interprétation soit la plus authentique possible.

Vous avez joué aux côtés de jeunes acteurs, dont certains font leurs premiers pas à la télévision. Comment avez-vous vécu cette dynamique dans les coulisses ?

Ils étaient un peu réservés au début. Ils me traitaient avec beaucoup de respect mais je sentais une barrière entre nous comme ils ne me connaissaient pas avant. J’ai pris l’initiative pour briser la glace et instaurer un rapport presque maternel avec eux, notamment avec Fares Abdeddayem, Azza Slimani et Nordo qui jouent mes enfants dans le feuilleton et Aya Bellagha. L’ambiance sur le plateau était très chaleureuse et familiale, ce qui a rendu le travail plus agréable. D’ailleurs, je n’avais pas de compte Instagram avant, je l’ai créé à leur demande. Je pense que cette harmonie se voit à l’écran. Une mauvaise ambiance de tournage affecte forcément la performance des acteurs.

Au-delà du suspense et des événements captivants, pensez-vous que « Khottifa » transmet un message particulier au public?

Oui, je dirais même plusieurs messages. Les personnages sont véridiques, ils nous ressemblent. Les événements sont réalistes. Le feuilleton aborde des sujets sensibles. Il critique la situation de nos hôpitaux, la stigmatisation des femmes divorcées, les relations avec les parents âgés.. Il y a beaucoup de messages poignants dans l’action et les dialogues.

Après ce grand succès dans le rôle de Khadija, estimez-vous que vous avez placé la barre très haut pour vos futurs personnages ?

J’ai toujours gardé la barre très haute et je reste fidèle à mes principes, quitte à rester des années sans jouer. Malheureusement, la plupart des feuilletons se concentrent sur le mois de Ramadan. Je vois aussi que le cinéma a fait de grands pas avec la multiplication des productions à contenu familial. Je reste ouverte aux propositions qui correspondent à mes attentes artistiques.

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