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Habiba Belghith est désormais l’une des grandes vedettes de la natation. Elle s’est particulièrement illustrée aux Championnats d’Afrique au mois de mai dernier en remportant toutes les épreuves féminines de brasse et a récolté un triplé historique de médailles d’or. Entretien.

Quels ont été les premiers pas qui vous ont menée vers vos grands succès?

Mon père m’a inscrite à un club de natation à 7 ans. Depuis, il n’a cessé de m’encourager et de me soutenir pour la suite de mon parcours. J’ai commencé dans un club à El Menzah et je changeais de club presque chaque année. Bien que j’aie débuté à un âge relativement tardif, au bout de 4 ou 5 ans, j’étais déjà en train de me préparer pour les compétitions. Ma première participation dans un grand événement était lors des Championnats d’Afrique juniors de natation en 2015. J’avais 16 ans à l’époque.

Comment se passe votre journée type ?

Actuellement, je me consacre entièrement à la natation. J’ai fini mes études de psychologie mais je ne travaille pas. Je me suis mariée et je suis partie m’installer en Arabie Saoudite. L’entraînement occupe la plus grande partie de mon temps.

Quel est l’aspect le plus difficile de la préparation d’une compétition ?

Rien n’est facile dans ce sens : l’intensité des entraînements, la pression de la compétition à venir.. Je m’entraîne matin et après-midi, soit deux séances par jour. Comme je suis spécialisée dans le sprint, je fais également de la préparation en salle en plus de la piscine. Je ne me repose que le dimanche. Le plus dur, c’est de maintenir une discipline constante tout au long de l’année. Ce rythme intense ne concerne pas que moi et ne se limite pas aux périodes proches des compétitions. Tous les nageurs de l’équipe nationale vivent ainsi. Même les plus jeunes qui sont encore au lycée viennent à l’entraînement le matin tôt avant les cours et reviennent en fin de journée après les cours pour maintenir leur niveau.

À cette étape de votre parcours, quand vous regardez en arrière, quel est le souvenir qui vous a le plus marquée ?

Chaque compétition est une expérience unique. La dernière participation est peut-être la plus importante. Après mon mariage, j’ai fait une pause d’un an loin des compétitions. Je me suis juste contentée de l’entraînement. Quand j’ai repris en décembre dernier, j’ai battu le record de Tunisie. De plus, c’est difficile d’être première sur les épreuves du 50 et du 200m en même temps, chaque catégorie ayant ses exigences et ses spécificités aux préparations. Moi, j’ai fait 50m, 100m et 200m, soit les trois distances à la fois et j’y ai remporté trois médailles d’or.

Comment évaluez-vous l’évolution de la natation en Tunisie en comparaison à d’autres pays, comme vous êtes installée à l’étranger et que vous côtoyez des champions de nationalités différentes lors des compétitions ?

Dans la spécialité du sprint, je pense qu’il reste encore beaucoup à faire. L’entraînement en Tunisie est centré sur l’eau libre. Il est vrai que nous avons des champions internationaux comme Oussema Mellouli, Ahmed Jaouadi, Ayoub Hafnaoui.. Or, ce sont tous des nageurs en eau libre. Le sprint est une discipline à part. La préparation physique hors piscine est tout aussi importante que l’entraînement dans l’eau.

De quoi les jeunes nageurs tunisiens pourraient-ils avoir besoin, selon vous, pour monter en niveau et briller à l’étranger ?

Je pense qu’ils sont bien pris en charge actuellement, surtout avec la nouvelle fédération. Beaucoup de choses ont changé pour le meilleur. Les entraîneurs sont excellents. Rien à dire là-dessus. C’est franchement nettement mieux qu’avant.

Vous êtes championne femme au monde arabe. Est-ce qu’il y a des difficultés particulières en rapport avec ce statut ?

Je n’ai jamais eu de soucis dans ce sens. Je suis issue d’une famille de sportifs. Je suis donc bien entourée et ils m’encouragent tous. Il n’y a pas de faveurs pour les hommes dans la natation. Nous sommes tous traités de la même manière.

Après ces succès sur les podiums, quels conseils donneriez-vous à une jeune qui rêve de suivre le même parcours que vous ?

J’ai fait beaucoup d’erreurs par manque de conseils et d’encadrement, mais je les ai rectifiées par la suite. C’est surtout en rapport avec un mode d’alimentation incorrect. On n’a pas une exigence de poids dans le sprint, mais il faut tout de même être légère, forte et souple, tout à la fois. L’alimentation est très importante dans ce domaine. Avant, mon poids était instable, ce qui m’a coûté beaucoup. Il y a aussi le choix de la salle qui est déterminant pour la suite. Et, mieux vaut commencer tôt.

Est-ce qu’il y a des occasions que vous avez regrettées après coup ?

Non, pas vraiment. J’ai eu une proposition de partir en France à 17 ans et j’ai préféré rester en Tunisie. Aujourd’hui, je ne le regrette absolument pas.

Les Jeux olympiques font-ils partie de vos prochains objectifs ?

Oui évidemment. Il faut réaliser un temps minimum au chrono pour être sélectionnée. Je suis très proche du temps requis.

Quelles sont vos autres participations prévues, vos projets à venir ? 

Je serai au Jeux méditerranéens qui se déroulent en Italie en août et au Championnat arabe de natation juste après. Les périodes sont très proches et nous sommes déjà en train de nous préparer à un rythme intensif.

Avez-vous d’autres passions dont vous pourrez nous parler?

Pour le moment, je n’ai pas de temps pour des activités supplémentaires. Je suis entièrement focalisée sur le sport. Les autres passions viendront peut-être plus tard, après ma carrière.

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