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Entretien conduit par Neila Gharbi

Il doit sa célébrité à «Karahmena», «Farka Saboun» (Laverie), une comédie qui a connu un succès retentissant. Démarré avec Aziza Boulabiar, actuellement, il la présente en solo sous le titre « Karahmena, Mkhabal Fi Qoba (Fils emmêlés)». Moez Toumi, c’est de lui qu’il s’agit, est un artiste polyvalent qui dispose de plusieurs casquettes : chanteur, acteur, metteur en scène, producteur et journaliste. Un touche-à-tout qui brille dans toutes les disciplines artistiques.

A vos débuts, vous vouliez devenir chanteur. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis par la suite ?

Effectivement, j’ai démarré avec la musique et la chanson. Comme tout adolescent, j’ai essayé d’approcher plusieurs domaines : culturels, sportifs et sociaux. C’est l’âge où l’on se cherche. En fait, c’était un rêve d’enfance. Une manière de m’exprimer à travers ces disciplines. Au début, j’ai commencé avec un rêve ; je cherchais à me situer quelque part. C’était l’effervescence artistique. Je ne pensais pas au public. Petit à petit, j’ai trouvé ma vocation au théâtre, pourtant, je chantais convenablement. J’ai même participé à des comédies musicales avec Raja et Oussama Farhat. J’ai joué dans  Bayrem Tounsi. La vie m’a jeté dans les bras du théâtre, là où je voulais être. C’est ainsi que j’ai trouvé ma voie.

Quel a été le premier déclic qui vous a donné envie de devenir comédien ?

Le premier moment où j’ai commencé à jouer au théâtre, j’ai senti quelque chose de fort en moi. Je me souviens d’un stage dirigé par Mongi Kharoubi, réalisateur à la télévision,  auquel j’ai participé. J’avais alors 19 ans. Dès lors, j’ai compris que c’était cela que je voulais faire. D’autre part, le théâtre amateur a contribué à forger mon potentiel d’acteur. C’était plus une évidence qu’une envie de devenir célèbre.

Vous êtes un touche-à-tout. Vous portez plusieurs casquettes : acteur, producteur, journaliste. Quel est le domaine qui vous a le plus marqué ?

Je suis polyvalent. J’aime explorer des domaines différents. Je suis quelqu’un de passionné. Mais dans tout ce que j’ai entrepris, il existe un fil conducteur. J’estime que tout est pour moi cohérent dans mon parcours. On est obligé de passer par différentes expériences qui ne peuvent être qu’enrichissantes. Il y a là une liberté de choix. Pourquoi ne pas assumer cette liberté. Pourquoi mettre des barrières. Je ne me considère pas comme un touche-à-tout, mais plutôt comme quelqu’un de curieux et de polyvalent. Je suis dans la construction d’un projet. Ma curiosité est plus forte que tout. De formation juriste et linguiste,  j’écris moi-même  les textes de mes pièces. Dans mon parcours,  j’ai également réalisé plusieurs émissions pour enfants avant de me lancer dans le one man show. En tant que journaliste, j’ai collaboré dans le quotidien Essabah et participé plus tard à plusieurs émissions à la radio et à la télé.

Le théâtre reste pour vous le plus proche de vos aspirations. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de cet engouement pour le quatrième art ?

Certainement. Le théâtre est un art brut qui dégage une vraie émotion. Il représente la base où tout commence : le rapport avec les partenaires, la scène, le public. C’est le lieu où je me sens le plus connecté. C’est au théâtre que je me nourris en tant qu’artiste. C’est là où tout est né.  Il est irremplaçable. Mais cela ne m’empêche pas d’explorer autre chose au cinéma.

« Karahmena » a connu un immense succès. Comment expliquez-vous cette réussite ?

« Karahmena » est un projet théâtral proche des gens. Son succès est dû essentiellement à l’authenticité de l’histoire, la connexion du public avec le sujet et les personnages auxquels ils se sont identifiés. C’est le fruit d’un mélange entre plusieurs ingrédients, une intersection, voire une proximité avec l’histoire. Il s’agit d’une expérience dans laquelle le public se retrouve. Il y a aussi la question du timing qui a également contribué à cette réussite. Les spectateurs amateurs de théâtre avaient besoin de s’oxygéner et d’évacuer leur stress à travers une comédie hilarante qui les éloigne de leurs préoccupations quotidiennes.

Le duo Moez Toumi et Aziza Boulabiar avait bien fonctionné. Pourquoi l’expérience de s’est pas poursuivie ?

Je reconnais que c’était une très belle expérience. Après, chacun de nous a choisi de poursuivre son parcours et d’évoluer vers d’autres chemins. Mais je garde un très bon souvenir de cette expérience avec Aziza Boulabiar à qui je souhaite plein de succès dans sa carrière.

Actuellement, vous faites une carrière en solo, est-ce plus efficace pour vous ?

Chaque étape a sa richesse. Le duo avec Aziza Boulabiar m’a beaucoup enrichi. Quant au solo, il me permet de m’exprimer librement. C’est une expérience avantageuse également. En réalité, je ne me mets aucune barrière. Je préconise la liberté artistique. Je ne peux pas dire que c’est plus efficace. Aujourd’hui, une aventure en solo personnelle m’offre plus de liberté, mais ne remplace pas la précédente.

Vos apparitions au cinéma sont rares. Vous êtes plus présent à la télévision. Est-ce parce que vous êtes une figure exploitée que les cinéastes ne font pas appel à vous ?

Récemment, au cinéma, j’ai participé au court métrage «Loading» d’Anis Lassoued sorti en 2025 et au long métrage «Nawar Achiya» de Khedija Lemkacher actuellement en salle. Je ne suis donc pas tout à fait absent. Je préfère disposer d’un projet qui soit à la hauteur de mes convictions. Toutefois, et cela n’est un secret pour personne, le rythme de production à la télévision et au cinéma est en deçà de mes attentes d’artiste. Le cinéma fait partie de mes envies. J’espère trouver des rôles pertinents qui peuvent enrichir mon répertoire.

Etre célèbre est-ce un avantage ou un handicap ?

Oui et non. C’est un avantage dans la mesure où cela offre des opportunité de travail, mais la responsabilité devient plus grande aussi bien que les pressions subies de part et d’autre. Il y a aussi la reconnaissance de la part du public, des médias et des productions qui constituent un avantage considérable pour un artiste. La célébrité ouvre assurément des portes. Mais le plus important est le travail ainsi que le respect du public. Cela change beaucoup la vie d’une célébrité parce qu’elle est plus exposée qu’une personne anonyme. C’est un avantage qu’on gère difficilement à cause de la pression de la rue. C’est là le handicap car on ne peut pas tout se permettre. Chaque geste ou chaque mot compte. Il suffit d’un simple écart pour que les réseaux sociaux s’en emparent pour vous dénigrer. On peut le payer très cher. Avec l’éclosion des réseaux sociaux et leur impact sur les gens, j’essaie, pour ma part, de surveiller mes propos car chaque mot peut être fatal. L’artiste est responsable de ses prises de position. Il n’a pas droit à l’erreur. On ne peut pas être célèbre dans l’absolu.

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