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Il suffit de parcourir quelques kilomètres dans la campagne béjaoise en ce début d’été pour comprendre pourquoi cette région occupe une place si particulière dans le cœur des Tunisiens. Ici, la nature semble avoir choisi de se montrer sous son plus beau jour. Entre les plaines céréalières baignées de soleil, les collines ondulantes et le littoral sauvage de Chott Zouaraa, Béja offre un spectacle qui touche autant les yeux que l’âme.

À cette période de l’année, les champs de blé atteignent leur apogée. Le vert du printemps s’efface peu à peu pour laisser place à une palette de jaunes et d’ors qui embrase le paysage. Des milliers d’hectares se déploient à perte de vue, dessinant une mer dorée dont les vagues se forment sous la caresse du vent. Chaque souffle anime les épis mûrs qui ondulent dans un mouvement presque hypnotique. Le regard se perd dans cette immensité lumineuse où le ciel semble rejoindre la terre.

Au lever du soleil, lorsque les premiers rayons illuminent les plaines, les champs scintillent comme s’ils étaient recouverts d’une fine poussière d’or. Les ombres des collines s’étirent doucement sur les terres fertiles tandis que les oiseaux traversent le ciel dans un silence presque solennel. C’est un moment où la campagne paraît suspendue entre la nuit et le jour, entre l’attente et l’accomplissement.

Pour les habitants de Béja, ces paysages ne sont pas seulement beaux. Ils racontent une histoire. Celle des générations qui ont travaillé cette terre, affronté les saisons, espéré la pluie et attendu la récolte. Chaque épi porte en lui des mois de patience, d’efforts et d’espoir. C’est cette relation profonde entre l’homme et la terre qui donne à la région son caractère unique.

Le voyage à travers Béja est aussi une invitation à ralentir. Les routes serpentent entre les plaines et les collines, révélant à chaque virage de nouveaux panoramas. Les villages apparaissent discrètement au milieu des cultures, comme des témoins silencieux d’un mode de vie encore étroitement lié aux rythmes de la nature. Ici, le temps semble suivre une cadence différente, plus douce, plus humaine.

Et lorsque l’on poursuit sa route vers le nord, le paysage change peu à peu. Les vastes étendues céréalières laissent place aux reliefs verdoyants, puis aux horizons marins. C’est là que se dévoile Chott Zouaraa, l’un des trésors les mieux préservés de la région.

À première vue, le site impressionne par son caractère sauvage. La mer y rencontre une nature généreuse où les collines, la lagune et les espaces boisés composent un décor d’une rare harmonie. Contrairement aux grandes stations balnéaires, Chott Zouaraa a conservé une authenticité précieuse. On y vient moins pour les infrastructures que pour la beauté brute des lieux.

Chaque été, les amateurs de camping investissent ce coin de paradis. Dès les premières heures du matin, les tentes s’animent au rythme du soleil qui se lève sur la Méditerranée. Les familles préparent le petit-déjeuner face à la mer, les enfants courent sur le sable encore frais et les promeneurs profitent du calme avant l’arrivée de la chaleur.

À Chott Zouaraa, les activités tournent principalement autour de la nature et du calme du site. Les visiteurs peuvent profiter de la baignade dans des eaux tranquilles, idéales pour se rafraîchir loin des plages surchargées. Le lieu est aussi apprécié pour le kayak, permettant de glisser sur les zones d’eau douce et d’explorer les paysages entre lagune, végétation et dunes. On y pratique également la randonnée légère et les balades en pleine nature, avec des panoramas sauvages propices à la détente et à la photographie. C’est une destination simple, authentique, où l’on vient surtout pour se reconnecter à la nature et profiter du silence.

Le soir, lorsque le ciel se teinte d’orange et de pourpre, chacun s’arrête quelques instants pour admirer un spectacle que la nature renouvelle pourtant chaque jour.

Les nuits de Chott Zouaraa possèdent une magie particulière. Sous un ciel constellé d’étoiles, loin des lumières des grandes villes, le bruit des vagues accompagne les conversations des campeurs. Beaucoup repartent avec le sentiment d’avoir retrouvé quelque chose d’essentiel : le contact avec la nature, le silence, la simplicité.

Cette complémentarité entre les plaines dorées de Béja et les paysages marins de Chott Zouaraa constitue l’une des plus grandes richesses de la région. En quelques dizaines de kilomètres seulement, le visiteur passe d’un océan de blé à l’immensité de la Méditerranée. Peu de régions tunisiennes offrent une telle diversité de paysages et d’émotions.

En cette saison où la terre se prépare à livrer ses récoltes et où la mer accueille les premiers estivants, Béja apparaît plus que jamais comme une terre de beauté et de générosité. Une région où chaque paysage raconte une histoire, où chaque horizon invite à la contemplation, et où la nature rappelle, avec une étonnante simplicité, combien elle demeure la plus grande artiste de toutes.

Samira Hamrouni

Equipe Rédaction La Presse de Tunisie - Responsable magazine la presse

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