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Pour découvrir Monastir autrement, il faut prendre le temps de marcher. Loin de l’agitation des grands axes, la ville offre un parcours où les vieilles pierres côtoient les maisons blanches, où les ruelles de la médina débouchent peu à peu sur la mer. Une promenade simple, sans programme chargé, permet de retrouver les traces d’une longue histoire tout en observant une ville qui continue de vivre au quotidien.

La balade commence du côté du Ribat, face à la mer. Impossible de rester indifférent devant cette imposante construction qui domine le paysage. Ses murs épais, ses tours et ses passages rappellent le rôle stratégique qu’a longtemps joué Monastir. Le monument, fondé à la fin du VIIIe siècle, constitue aujourd’hui l’un des symboles les plus connus de la ville.

Depuis les hauteurs du Ribat, la vue donne immédiatement envie de poursuivre la promenade. D’un côté, la Méditerranée s’étend à perte de vue. De l’autre, la ville se déploie avec ses maisons blanches et ses quartiers plus modernes. Le contraste est saisissant : quelques mètres suffisent pour passer d’un monument chargé d’histoire à une ville qui vit pleinement au présent.

En descendant vers la médina, le rythme change. Les grandes avenues disparaissent peu à peu et la marche devient plus agréable. Les ruelles sont étroites, parfois animées, parfois presque silencieuses. On avance sans véritable itinéraire, en prenant le temps de regarder les portes, les façades et les petits détails de l’architecture traditionnelle.

En poursuivant la balade dans les ruelles de la médina, une autre curiosité attire le regard : certains murs ont été habillés de carreaux multicolores. Les motifs et les couleurs se mêlent aux façades blanches et donnent à ces passages une allure différente. Bleu, jaune, vert ou encore rouge, les petits carreaux apportent des touches de gaieté à la vieille ville. Ces magnifiques décors effectués par des jeunes offrent  à la promenade un caractère plus vivant et invitent à s’arrêter quelques instants pour les observer.

La médina de Monastir n’a peut-être pas l’ampleur de celles de Tunis ou de Sousse, mais elle possède son propre caractère. Les boutiques installées le long des passages donnent de la vie aux rues. Ici, on trouve encore des articles artisanaux et des objets qui rappellent les traditions du Sahel. Les habitants passent, discutent, font leurs courses. La médina n’est pas un décor figé destiné uniquement aux visiteurs : elle reste un espace de vie.

Au fil de la promenade, la Grande Mosquée rappelle elle aussi l’ancienneté de la ville. Son architecture sobre s’accorde avec les constructions voisines. Dans ce quartier historique, les monuments ne sont jamais très éloignés les uns des autres. Il suffit de quelques minutes de marche pour passer d’une époque à une autre.

La balade peut ensuite se poursuivre vers le mausolée Habib Bourguiba. Avec son dôme doré et ses deux minarets, le monument se distingue immédiatement dans le paysage. Il occupe une place particulière dans l’image de Monastir et constitue l’un des lieux les plus reconnaissables de la ville.

Mais Monastir ne se résume pas à ses monuments. Ce qui fait aussi le charme d’une promenade ici, c’est cette proximité permanente avec la mer. Après avoir parcouru les ruelles de la médina et admiré les anciennes constructions, retrouver le front de mer procure une impression d’espace. Le regard se libère, le bruit de la ville semble s’éloigner et la Méditerranée reprend toute sa place.

En fin de balade, on comprend mieux pourquoi Monastir continue d’attirer ceux qui aiment découvrir une ville en marchant. Son histoire est visible partout, mais elle ne prend jamais complètement le dessus sur la vie quotidienne. Le Ribat, la médina, la Grande Mosquée, le mausolée et le front de mer forment un parcours où chaque étape raconte une partie de l’identité de la ville.

Pour découvrir Monastir, il n’est donc pas nécessaire de chercher un programme compliqué. Il suffit parfois de commencer par le centre historique, de suivre les ruelles et de laisser la promenade faire le reste. La ville se dévoile alors autrement, avec ses pierres anciennes, ses portes, ses commerces et cette mer qui accompagne le visiteur presque jusqu’au bout du chemin.

Samira Hamrouni

Equipe Rédaction La Presse de Tunisie - Responsable magazine la presse

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