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Sihem Msadek, icône d’une génération révélée par son rôle culte dans Khottab Al Bab, revient sous les projecteurs avec «Dar el 3ers», actuellement en salles. Son retour s’inscrit dans une aventure cinématographique coproduite par le  groupement gobantini qui mise sur les talents tunisiens et ouvre la voie à de nouveaux genres, notamment la comédie, pour le plus grand bonheur du public. Des films qui nous ressemblent, des histoires qui nous rassemblent: Sihem Msadek continue d’écrire une page vibrante du cinéma tunisien. Groupement
Gobantini.

Les comédies légères, comme «Dar el 3ers», sont un genre relativement nouveau en Tunisie, avec plusieurs productions qui voient le jour en parallèle. Or, certains leur reprochent de privilégier le rire au détriment de la profondeur. Quelle est, selon vous, la place de ce genre de films dans le paysage cinématographique tunisien ?

Il y a de très beaux films comiques tunisiens. Le fait que plusieurs productions sortent presque en même temps relève surtout de la stratégie des distributeurs. Il existe de nombreux genres de films et, pour chaque genre, un public particulier. Chacun choisit ce qui correspond à ses goûts. Rien n’est imposé au spectateur. Pour « Dar el 3ers », en particulier, c’est un film qui aborde les traditions liées au mariage, un sujet qui reste très présent dans notre société. Certaines personnes qui ont vu le film m’ont d’ailleurs raconté qu’elles retrouvaient, dans certaines scènes, des situations qu’elles vivent encore au sein de leurs familles et qu’elles restent attachées à certaines de ces traditions lors des fêtes de mariage. Au final, à chacun son avis. Il y a ceux qui n’aiment pas ce genre de films, tandis que d’autres les apprécient. C’est justement cette diversité qui fait la richesse du cinéma.

Vous avez joué aux côtés de Saber Oueslati et Wajiha Jendoubi, qui avaient également travaillé avec Heifel Ben Youssef dans son film précédent. Comment s’est déroulée l’ambiance du tournage ?

Jihed Cherni a également joué avec eux dans Parasol. Nous nous connaissons depuis longtemps et avons déjà travaillé ensemble dans d’autres œuvres. L’ambiance sur le tournage était donc excellente. C’était ma première collaboration avec Heifel Ben Youssef. Dès notre toute première rencontre, je me suis sentie à l’aise avec lui. Il est jeune par son âge, mais grand par son expérience. Je suis ravie d’avoir vécu cette expérience avec ces jeunes qui travaillent dans le cinéma et qui lui insufflent un souffle nouveau. C’était un vrai plaisir.

Vous faites également partie de l’équipe du film d’animation actuellement en préparation, « Daglouta w Mechmoum ». C’est une expérience nouvelle en Tunisie, puisque des acteurs célèbres prêtent leurs voix à un film d’animation. Comment vivez-vous cette expérience ?

Je suis ravie de cette nouvelle expérience et je pense que ce sera une belle réussite. L’équipe de «Daglouta w Mechmoum» réunit des personnes dévouées et expérimentées, très investies dans ce projet. Ce n’est pas la première fois que je joue uniquement avec ma voix, comme j’ai déjà participé à des feuilletons radiophoniques. Mais c’est la première fois que je le fais pour un film destiné aux enfants. J’ai également eu l’occasion de découvrir de nouveaux collaborateurs, avec lesquels le courant est très bien passé. La réalisatrice et le producteur étaient notamment aux petits soins avec nous.

Le doublage des dessins animés est-il différent du travail dans les feuilletons radiophoniques? Devez-vous, par exemple, modifier votre voix pour imiter celle du personnage ?

Je joue le rôle de la mère. En ce qui me concerne, il n’y a donc pas une grande différence. Je joue devant le micro et je dois faire parler le personnage avec le ton qui lui correspond, afin qu’il soit transmis au public de la manière la plus juste possible.

Les anciennes comme les nouvelles générations vous connaissent surtout à travers votre rôle dans le feuilleton «Al-Khottab Al-Bab», un rôle marquant dans un feuilleton qui a connu un grand succès et qui continue d’être rediffusé régulièrement à la télévision. Quel souvenir gardez-vous du tournage et de la première diffusion du feuilleton ?

Ça aurait été mieux de nous payer pour toutes ces rediffusions ! (rires)

J’en garde, en tout cas, un très beau souvenir. C’est le feuilleton qui m’a fait connaître du grand public et il m’a beaucoup apporté à travers ce rôle. J’ai beaucoup de reconnaissance envers feu Slaheddine Essid. J’ai également eu la chance de collaborer avec lui dans « Layem Kif Errih ». Par la suite, j’ai été régulièrement présente dans les sitcoms, parfois même en tant qu’invitée d’honneur.

Est-ce que le grand succès de ce rôle a influencé la suite de votre carrière ?

Non, pas vraiment. J’ai ensuite choisi de faire des rôles différents. J’ai reçu des propositions pour des personnages qui ressemblaient beaucoup à celui de Naima dans « Al-Khottab Al-Bab», mais je ne les ai pas acceptées. Je n’aime pas être toujours dans le même moule.

Slaheddine Essid, lorsqu’il faisait appel à moi, croyait profondément que l’acteur avait beaucoup de potentiel à explorer. Mais certains réalisateurs recherchent parfois un caractère déjà défini, un personnage « prêt à l’emploi».

Parmi les rôles que vous avez interprétés à la télévision, au théâtre et au cinéma, y en a-t-il un qui vous ressemble particulièrement ? Ou un rôle que vous considérez comme votre préféré ?

Je n’ai fait aucun rôle qui me ressemble réellement. J’interprète tous mes personnages avec amour, indépendamment de l’importance du rôle, même lorsqu’il s’agit d’une simple apparition. J’ai joué dans plusieurs feuilletons, notamment dans «Prison Brika», «Awled Moufida»… Mais on me pose encore souvent la question : «Où êtes-vous passée depuis le rôle de Naima ?»

Pourtant, la place du rôle de Naïma dans le feuilleton n’était pas forcément très grande. C’est plutôt son empreinte qui a été importante.

Avec Slah Msadek, vous êtes mariés dans la vie et vous avez joué ensemble dans plusieurs œuvres. Comment l’harmonie qui existe dans la vie de couple se traduit-elle à l’écran ?

Nous avons fait beaucoup de théâtre ensemble. À la télévision, il y a également eu des séquences dans lesquelles nous nous sommes donné la réplique, mais ce n’est pas avec la même fréquence qu’au théâtre.

Je prends constamment son avis, parce qu’il a plus d’expérience que moi. Je l’ai connu lorsque j’étais encore étudiante et c’est même lui qui a encadré mon projet de fin d’études. J’ai fait deux années d’études au Théâtre national, avec des enseignants tunisiens et étrangers. Nous étions onze étudiants : dix garçons et moi, la seule fille. Nous avons suivi des cours techniques et artistiques. Nous étions six acteurs et cinq techniciens. Nous devions présenter nos projets de fin d’études en binômes. Comme nous étions un nombre impair, je me suis retrouvée seule. Lorsque j’ai présenté mon projet, j’ai tout de même été major de promotion. Depuis, j’ai consacré une grande partie de ma carrière au théâtre. Avec Slah, nous avons également créé une société de production pour produire des pièces de théâtre. Même si je ne suis pas très présente au cinéma et à la télévision, je consacre une grande partie de mon activité au théâtre. Je ne cherche pas forcément à apparaître à l’écran. Ce n’est pas un objectif essentiel pour moi. Nous avons des représentations théâtrales en continu et je rencontre constamment un public qui m’apprécie et qui me suit.

Quand vous comparez les anciens feuilletons aux nouveaux, qu’est-ce qui a changé ?

Il y a beaucoup de nostalgie lorsqu’on parle des feuilletons du passé. Mais il existe aussi de très bonnes productions aujourd’hui. Chaque époque a sa manière d’évaluer les choses. Nous avons actuellement de bons jeunes réalisateurs et de bons jeunes acteurs, avec beaucoup de talent, même lorsqu’ils n’ont pas suivi de formation spécialisée.

Je soutiens la nouvelle génération émergente. Elle a toute sa place dans tous les secteurs artistiques.

Au théâtre également, nous impliquons continuellement les jeunes, même lorsqu’ils n’ont pas encore beaucoup d’expérience. Cette continuité entre les générations est essentielle pour assurer la transmission et le renouvellement de notre culture, d’une manière générale.

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